Combats de l'avant-poste de Pierre-Pointue, 22-25 juin 1940

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Combats de l'avant-poste de Pierre-Pointue, 22-25 juin 1940

Message par Admin le Jeu 19 Mai - 11:55

L'avant-poste de Pierre-Pointue (1160m d'alt) est situé sur la pente Sud du Mont-Razet, surplombant le village de Castillon et le secteur du Monte-Gramondo.

Il est composé de 5 blocs : 2 entrées, 2 blocs de combat et une cloche d'observation "St-Jacques", le tout raccordé par une petite galerie souterraine ventilée manuellement et éclairée à la bougie.
Sur les dessus, diverses positions d'infanterie, une tranchée bétonnée et un réseau de fils de fer barbelés...



En juin 1940, l'ouvrage est occupé par 32 hommes de la 2e Cnie du 76e Bataillon Alpin de Forteresse et sous le commandement de l'Ajdt-chef LANTERI.



Le 10 juin 1940, l'Italie déclare la guerre à la France, le 21 Mussolini ordonne l'offensive sur les Alpes-Maritimes...


Journal de Marche de l'équipage de l'avant-poste :

22 juin :
6h00 - Des troupes italiennes circulent dans la région Grammondo Bricco Treitore Pointe Monetto. Des pièces d'artillerie de montagne et des mortiers sont mis en batterie. Vers le rocher Campaci, l'on aperçoit des mouvement de troupes. Je rends compte à mon chef direct des résultats de mon observation.

8h00: L'artillerie ennemie déclenche un tir nourri sur ligne de résistance des avants postes. Le brouillard arrive brusquement et nous n'y voyons rien.

8h02 : Tout le monde est à son poste de combat.

8h03 : Le feu est ouvert sur le débouché du col de Treitore et les pentes nord du Bricco.
La SES du 49eBCA tire de toutes ses armes. Le feu est également ouvert avec le mortier sur les pentes est du Mulacier où un groupe ennemi à pris à partie un groupe de la SES du 49eBCA.
La bataille continue avec violence. Gêné par le brouillard, je fais tirer sur les points de passage obligés : débouché du Col de Treitore Briscco, Treitore, Col du Razet , pentes ouest du Mont Abo.
Dans la matinée, la SES du 76e BAF se replie sur le Razet. Aussitôt, ouverture du feu sur la côte 1090 , le Col du Roulabre, le Sentier du Roulabre et Pierre Pointue.

Pas de changement jusqu'à 17h00. A 17h00, sans nouvelle de la SES du 49e BCA, j'envoie deux coureurs (les alpins Somazzi et Beissier) chargés de grenade F1 et de munitions pour FM à 1169 pour savoir ce que devient cette section.

17h20 : La SES du 49e BCA se replie et arrive au poste. Une arme automatique ennemie nous tire dessus. Avec l'officier (Lt Charignan) et quelque hommes ,nous partons pour essayer de prendre l'arme qui se trouvait sur les pentes nord de l'ouvrage. Notre contre attaque est clouée au sol par le tir massif d'arme automatiques ennemies.
Notre artillerie effectue un tir d'arrêt sur le Razet.

17h40 : La SES du 49e BCA se replie sur la PR

20h00: L'ennemi favorisé par le brouillard a pu s'infiltrer et entoure l'ouvrage, tout le personnel étant à son poste de combat. L'ennemi surgit brusquement à quelque mètre devant nous attaquant à la grenade. Je fais rentrer dans l'ouvrage tout le personnel que je peux toucher à temps. 12 hommes pourront par la suite se replier, sauf les Alpins Maurel et Limon qui seront pris à leur poste de combat.

21h00 l'ennemi, à la faveur du brouillard,réussit à franchir l'enceinte barbelée. L'effectif se retranche à l'intérieur de l'ouvrage.Nous continuons à combattre l'ennemi qui nous envoie des grenades par les créneaux. Je fais quitter les casemates et j'organise la défense intérieure, il ne reste plus que les portes à défendre.
Je rend compte de la situation et demande un tir d'artillerie sur l'ouvrage. Toute la nuit les obus tombes et l'ouvrage de Castillon interdit avec ses jumelages l'accés de la porte blindée du notre.

Note n° :21064

23 juin 1940:
05h00 : Au petit jour, je tente une sortie. Impossible, l'ennemi se tient au dessus des portes.

07h30 : La situation devient énervante . Je sors seul, rien d'anormal. Je retourne à l'ouvrage et demande des volontaires pour inspecter le terrain. Cinq volontaires se présentent: Caporal Buffart, Alpins Vittet, Merlevéde, Armand et Delisse. Nous sortons et nous nous dirigeons vers le dessus de l'ouvrage. Tout à coup, nous entendons des murmures et dans le brouillard et apercevons une section ennemi qui monte vers le poste. Ils sont au maximum à 60 mètres. L'alpin Vittet qui avait le FM ouvre le feu, nous voyons tomber plusieurs ennemis, les autre se sauvent en abandonnant leur matériel mais il restait ceux que nous avions entendu parler qui, attaqués à la grenade, se rendirent quelques instants après. Ils étaient 10 avec une quantité importante de munitions et 4 FM. Le tout fut ramené à l'ouvrage.
J'envoie chercher un blessé ennemi que nous n'avions pu amener mais une arme automatique ennemie que nous n'avions pas vu ouvre le feu sur les brancardiers. Riposte immédiate de nos FM et rapatriement du blessé.
Aussitôt mon personnel à l'abri, je fais ouvrir le feu à l'endroit d'ou partaient les coups et quelques instants aprés, tout rentrait dans le calme, l'ennemi étant délogé.
Le reste de la matinée nous déblayons le terrain. Je pousse une reconnaissance à l'endroit où nous avions vu la section ennemie et compris pourquoi l'ennemi s'étais sauvé: les deux officiers qui les conduisaient avaient tués. Sur l'un deux je trouvai des papiers que je fis transmettre au commandant de quartier.

10h00 : Une nouvelle patrouille nous fait découvrir un aspirant de CCNN tué (chemise noire).

14h00 : Départ en reconnaissance. Itinéraire pente nord de l'ouvrage Razet et pente est de l'ouvrage de Scuvion , retour par le sentier Scuvion - poste principal. Arrivée au poste à 15h45.
Sur les pentes du Razet restent de nombreux matériels abandonnés par l'ennemi qui a cantonné sur le Razet et les pente est. Quelques éléments occupent encore la cote 1090,4.

16h00 : Les prisonniers descendent à Castillon, convoyés par le sergent-chef Borfiga et trois hommes.

18h30 : Une arme automatique ennemie tire sur le créneau de notre mitrailleuse. Elle sera détruite par notre mortier

20h00 : Arrivée du renfort sergent Balestri Fleurial, Alpins Valestta, Carlin, Muratore.

23h00 : Arrivée de Bonhomme, Mouchard, Albin, Bonsignore, Imbert et Bissier

24 juin :
02h00 : Le 'cessez le feu' est entendu sonné par un clairon du poste de commandement du Mont ours.

25 juin :
05h30 : Reconnaissance sur e terrain autour de Roulabre et de la côte 1090 où s'est déroulé le combat. Observation: le terrain est recouvert de cadavres. 1090,4 était coiffée par une compagnie au minimum. Une vingtaines d'armes automatiques étaient encore en batterie. Toute ces armes avaient leurs chargeurs en places à moitié tirés. Elles étaient composées de FM, de mitrailleuses et de mortiers. Tous les servants étaient tués ainsi que le commandant de compagnie. Autour de l'ouvrage même, une quarantaine de cadavres sont encore visibles.

8h00: Retour à l'ouvrage. Un homme appelle: un officier avec 5 brancardiers vont relever blessés et morts. Je le laisse approcher, à ce moment 40 italiens arrivent, mettent un FM en batterie et prétendent nous retenir prisonniers. Je signale l'incident par Radio à Castillon qui envoie un officier avec un détachement. Palabre avec les italiens, le statut quo est admis. A 15heures l'incident est réglé et les italiens se replient à 16 heures 30.

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