La 36th ID débarque en Provence

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

La 36th ID débarque en Provence

Message par Jean-Geek le Mar 14 Juin - 22:57

LA 36TH DÉBARQUE EN PROVENCE





John Ernest Dahlquist, commandant de la division à partir de début 1944 jusqu'à la fin de la guerre.

LA FORMATION ET L’ITALIE :
Le 25 novembre 1940, la 36th Division de la Garde Nationale du Texas est appelé au service fédéral à San Antonio. Elle rejoint Camp Bowie le 14 décembre, puis le 1er février 1942 elle devient la 36th Infantry Division et est organisé sur le type ternaire (1 division à 3 régiments à 3 bataillons). Le 15 août 1942, après une série de manœuvres elle rejoint Camp Edwards dans le Massachusetts.

C’est là que, le 5 novembre, elle est définitivement organisée avec les éléments suivants :
- 141st, 142nd et 143rd Infantry Regiments à trois bataillons de 800 à 900 hommes, une batterie d’obusiers légers et une compagnie d’antichars
-131st, 132nd, 133rd Field Artillery et 155th FA Battalion
- 36th Reconnaissance Troop, Mechanized
- 111th Engineer Combat Battalion
- 36th Signal Company
-111th Medical Battalion
- 736th Light Maintenance
- 36th Quartermaster  Company


141st Infantry Regiment


142nd Infantry Regiment


143rd Infantry Regiment "




La division embarque à New-York en avril 1943 et arrive à Casablanca. Elle est affectée à la Seventh Army pour opérer en Sicile mais le général Patton lui préfère ces « enfants d’salauds » de la Bige Red One. Elle débarque finalement en septembre 1943 dans le golfe de Salernes . Durant douze jours elle repousse les contre-attaques allemandes où elle perd l’équivalent d’un bataillon.

Puis c’est la lente progression vers Casino, avec les violents combats à San Pietro Infine qui lui coûte 2400 hommes mis hors de combat en décembre. Le mois suivant, elle tente vainement de traverser le Rapido en crue où elle perd encore 1700 hommes, au point même qu’on s’émeut au Texas de ce lourd tribut. Puis elle est transportée dans la tête de pont d’Anzio, d’où elle attaque le 25 mai 1944.
Rome dépassée, elle est relevée le 26 juin et reçoit enfin l’ordre de se mettre au repos, au nord de Paestrum.





LA 36TH DANS LA PREPARATION DE DRAGOON :

Depuis février 1944, le Major General Lucian Truscott, commandant le VI Corps, est prévu pour commander l’assaut en Provence. Il en est averti seulement le 11 juin et il est urgent pour lui des désigner ses futures unités afin qu’elles puissent entamer leur préparation. Laissé libre dans ce choix, il opte tout naturellement pour les 3rd et 45th ID, les plus expérimentées sur ce théâtre d’opération et les mieux accoutumées aux opérations amphibies. Quant à la troisième il choisit donc la 36th ID : « En raison de son excellente performance au cours des opérations suivant la percée de la tête de pont[d’Anzio]. Je croyais que ce succès récent effacerait dans une large mesure les déconvenues de Salerne et du Rapido. Ayant goûté à deux reprises la coupe amère de l’échec et plus récemment dégusté les fruits de la victoire, la division pouvait espérer égaler et marcher de concert  avec ses coéquipières plus expérimentées ». (Command Missions, Lt Gnrl L.K. Truscott, Jr.)

Le choix est courageux. Si O’Daniel de la 3rd et Eagles de la 45th ont servi sous ses ordres, Dahlquist ne fait pas partie de son équipe et il n’a aucune expérience du combat. De plus, la 36th à la réputation d’avoir la guigne depuis les désastres de San Pietro et du Rapido et notamment le 141st qui est considéré comme le « mouton noir » de la division.

Lors du briefing à Alger le 17 juin, Truscott découvre les secteurs de débarquements prévus (Cavalaire, Sainte Maxime et Saint Raphael) et le contour de la tête de pont  (la Blue Line) passant par le Muy et englobant le massif des Maures et de l’Esterel. Après avoir vu les plans il demande à ce que toutes les divisions aient le même nombre de bateaux de débarquement (notamment les LST) pour que chacune aient les mêmes possibilités tactiques et logistiques. Le 26, il obtient que la 45th opère au sud de l’Argens et la 36th au nord . La 3rd sera au finale dans secteur Alpha, la 45th au secteur Delta et la 36th dans le secteur Camel.

Dans le secteur de la 36th, l’attaque principale sera précédée par deux actions secondaires :
- Intervention d’une division aéroportée au Muy à l’aube pour s’opposer à toute action ennemie du Muy ou du Luc contre la zone des plages.
- Débarquement du Groupe Naval  d’Assaut Corse ou GNAC (bwerk, du français! :p ) à la pointe du Trayas dans la nuit précédant l’assaut pour couper les routes reliant Cannes à Saint-Raphael et Frejus.

Les éléments débarqués ensuite sur les plages s’efforceront de prendre contact avec les éléments déjà à terre, notamment les troupes aéroportées sur l’axe Frejus-Le Muy. Puis ils s’empareront des emplacements possibles des terrains d’aviation dans la vallée de l’Argens entre Fréjus et le Luc.


(erratum: j'ai pris cette carte de Provence 44 cer elle montre bien  toutes les unités impliquées et leur secteur mais attention aux flèches concernant la Rosie Force (GNAC) qu'ils font partir bien trop à l'est alors que les Corses ont débarqués à Théoule, sur le flanc droit du secteur Camel)



LA MISSION ET LA COMPOSITION DES TROUPES DU SECTEUR CAMEL

Dans ce cadre la mission de la 36th Division est la suivante :
- Au jour J à l’heure H, attaquer les plages 246B (Dramont) et 265A (Anthéor), puis s’emparer de la plage d’Agay ;
- A H +6 attaquer la plage 264A (Saint-Raphaël nord), prendre Fréjus et avancer rapidement pour établir le contact avec le GNAC, puis tenir la Blue Line tout en nettoyant la zone à l’intérieur de cette  ligne ;
- Maintenir le contact avec la 45th et protéger le flanc droit du corps ;
- Reprendre la progression à partir de la Ligne Bleue sur ordre du corps.

La phase initiale est donc défensive, en couverture de flanc ouest.
Normalement débarqué au plus tard à J+2 sur la plage 264A, le Combat Command n°1 français se reformera aux environs de Fréjus pour attaquer en direction de l’ouest ou du nord-ouest.

Pour l’opération, la division reçoit les renforcements suivants :
- 753rd Tank Battalion
- 663rd Tank Destroyer Battalion
- A Troop (reinforced) du 117th Squadron
- 2nd Chemical Battalion (Motorized)
- 36th Field Artillery Group
- 1 st Battalion du 344th Engineer General Service Regiment
- un détachement de la Treadway Bridge Company du 374th Engineer Bn (Separate)
- un détachement de la 6617th Engineer Mine Clearing Company
- 11th Field Hospital du 11th Evacuation Hospital
- des détachements des 163rd Signal Photographic et 3151st Signal Monitoring Companies
-des équipes de la Navy (Combat Intelligence Team, Gunefire Liaison Team et 5 Shore Fire Control Parties)
- des équipes de l’Airforce (Support Control Party)
- des organes de renseignement (2e bureau, contre-espionnage, sécurité militaire, Office of Strategic Services) et des relations publiques ainsi que des affaires civiles

Quant au  Beach Group chargé des plages du secteur il comprend :
- une compagnie du 759th MP Battalion
- les 540th Regiment et 48th Battalion du génie de combat
- le 8th Naval Beach Battalion
- le 56th Medical Battalion
- et quinze companies du Quartermaster Corp (DUCKW, camions, essence)

On a en tout 30000 hommes et 3600 véhicules embarqués sur 23 LST et 22 LCT pour les bataillons d’assaut et 30 LCI/L pour les bataillons de réserve, 7 transports d’assaut pour le régiment de deuxième échelon et 12 bâtiments chargés des approvisionnements et du personnel de renfort.

Pour l’heure, la 36th Division se remet en condition et parfait son entrainement amphibie du 4 au 22 juillet à l’Invasion Training Center récemment transféré à Salernes. Le 7 août un exercice de grand ampleur et exécuté vers Mandragone, au nord de Naples.

Deux jours auparavant, après le suicide de l’amiral Moon, c’est le Rear Admiral Spencer S. Lewis qui prend le commandement de la Camel Force ou Task Force 87
L’embarquement  des troupes  se fait du 11 au 12 août dans le port de Pozzuoli, à l’ouest de Naples.  La flotte d’invasion doit parcourir 430 miles nautiques pour rejoindre la zone de débarquement et est réparti e en six convois d’assaut de composition homogène.  Le 15 aout à 06h50, elle est en vue des côtes du Var et les tirs prévus débutent sur les objectifs désignés.


10 août 1944 à Bagnoli. Après que les véhicules ont pris place à bord des LST, le personnel regroupé sur le quai attend l'ordre d'embarquer à son tour. La même scène se produit pour les autre unités de Dragoon à Pouzzoles et Nisida.



LE PLAN DU DÉBARQUEMENT :

La zone attribuée à la 36th ID s’étend de Saint-Aygulf à Théoule jusqu’à trente kilomètres à l’intérieur des terres, avec le massif de l’Esterel et, sur la rive droite de l’Argens, les villes de Fréjus, Puget-sur-Argens et le Muy.

Bien que cette zone soit considérée comme importante du point de vue stratégique car elle offre un débouché convenable vers l’intérieur par la vallée de l’Argens et que des terrains d’aviation peuvent y être aménagées, elle a néanmoins des inconvénients. Ainsi la plage de Fréjus trop fortement défendue ne peut être utilisée pour le premier assaut et les deux autres sont des bandes étroites de rochers schisteux bordées de talus escarpés méritant à peine le nom de plage.

Quatre plages sont donc possibles :
- 264A (Red Beach) à l’embouchure de l’Argens, spacieuse et sablonneuse mais très défendue,  prévue d’être réduite à H +6 à partir de la mer et à revers de la terre
- 264B (Green Beach) à l’ouest du cap Dramont, exiguë et jugée à peine suffisante pour la phase initiale
-265 (Yellow Beach) à Agay, qui doit être également prise à revers
-265A (Blue Beach) au pied du viaduc d’Anthéor à l’extrême droite du secteur, trop petite pour un débarquement d’envergure.

En raison de ces possibilités limitées, il est prévu que le 141st Regimental Combat Team (composition des RCT donnée en annexe) mette à terre deux bataillons de front au Dramont et le troisième à Anthéor. Sa mission est de dégager la rade d’Agay puis de progresser vers le nord jusqu’à hauteur de Théoule pour protéger le flanc droit jusqu’à la relève par les aéroportés. Le 143rd RCT doit suivre le 141st sur les plages, le dépasser et s’emparer de St Raphael, avant de passer en réserve.
Enfin, le 142nd RCT doit débarquer à Red Beach, s’emparer de Fréjus et du Muy où la liaison sera établie avec les paras. Au cas où l’utilisation de la plage serait impossible, le débarquement devra être effectué plus à l’est.

On a donc de prévu :
- 1ere vague : le 3/141 et le 2/141 sur Green Beach ainsi que le 1/141 sur Blue Beach
-2eme vague : le 143rd sur Green Beach à partir de H +105min
-3eme vague : le 142nd sur Red Beach à partir de H + 6


Anthéor-Cap Roux


Agay-Le Dramont


Plage du Dramont


St Raphael


Frejus, Base aéronavale



H – HOUR, A L’ASSAUT DU DRAMONT ET D’ANTHEOR :

Ce 15 août à 04h46 le jour se lève et le Support Group a depuis une heure, commencé ses tirs sur les plages. Le bombardement aérien est partiellement suspendu à cause du temps couvert sur la cote. Puis les LCVP sont mis à l’eau tandis que les dragueurs de mines ouvrent les chenaux balisés jusqu’à 500 mètres du rivage.  Alors que les roquettes explosent sur le bord de mer, les péniches foncent à toute vitesse vers la plage du Dramont. Les éclaireurs confirment les informations : il n’y a des mines ni dans l’eau, ni sur la plage.

A 08h03, le 2e bataillon prend pied à droite, le 3e à gauche. Huit Sherman amphibies mis à l’eau depuis des LCT, les suivent. L’un d’eux est touché par un obus antichar à 500m de la rive, mais il parvient à l’atteindre alors que les autres quittent Green Beach.  Puis conformément au plan, le PC u 141 RCT et les premiers sapeurs du 540th Engineer débarquent des LCI à 09h05. Ils sont suivi un quart d’heure plus tard par les obusiers de 105 du 131st Battalion, portés à la plage par les DUKW d’un LST.

A Anthéor, le 1/141 rencontre une certaine opposition. Plusieurs canons ouvrent le feu sur les péniches et deux sont coulées par une mitrailleuse tandis qu’une troisième s’échoue. Mais les premiers fantassins parviennent à débarquer à 8h : ils neutralisent les nids de résistance et grimpent sur les pitons dominant la mer. Poursuivant vers le nord, ils progressent lentement vers Théoule à cause des blockhaus installés sur la Corniche. Le 16 enfin, l’objectif est atteint, les survivant du Groupe naval sont récupérés après leur malheureux débarquement et 1200 Allemands sont capturés. Pour cette action le bataillon recevra la Distinguished Unit Citation.

Pendant ce temps, le 2/141 a nettoyé la partie droite de Green Beach, attaqué vers le nord pour contourner la route littorale et pris contact avec le 1/141. Un barrage est ensuite établi sur la route tandis que la hauteur au nord-ouest d’Agay est occupée. A 10h, le Dramont est  libéré et deux heures plus tard la colline du sémaphore est nettoyée.

De son côté le 3/141 a nettoyé la partie gauche de la plage et détruit tous les blockhaus sur ses abord ouest. Puis il a avancé de 400m pour installer un barrage sur la route et occuper les collines dominant la plage de galets, encombrée de rochers et de gros blocs de pierre. Les bulldozers peinent à les déplacer pour dégager une sortie, suivis par les chars impatients de rejoindre la route. Ailleurs, certains y parviennent et s’empressent de rejoindre leur unité alignée sur la route. Déjà, des ambulances montent la plage, prêtes à aller chercher les blessés et les ramener aux péniches qui les conduiront vers un navire-hôpital.  Les marins ont également subi des pertes : deux LCT ont été atteints par des obus, un troisième LCT et un LST sont également touchés.

Ses arrières maintenant assurés, le 141st appuyé par des chars, des tank destroyers (TD)  et de l’artillerie peut maintenant songer à pousser de l’avant pour maintenir achever sa mission : établir deux barrages routiers, l’un au nord de Théoule et l’autre dans l’Esterel sur la nationale 7.

Pendant ce temps,  le groupe de plage a commencé  à aménager les accès à Yellow Beach. Le filet bloquant l’entrée de la rade est dégagé à 19h15 et une heure plus tard, la plage est ouverte au trafic. Mais le premier LCI qui vient y « beacher » déclenche l’explosion d’une mine terrestre et subit des dommages.





IMPREVU SUR RED BEACH:

A 07h40, le général Dahlquist avait informé la Task Force 87 que l’action à Red Beach était fixée à 14h00. Mais à 11h10, lorsque les dragueurs commencent à dégager un chenal, des obus les encadrent et les obligent à se retirer. Puis à 12h30, un chasseur de sous-marin entraîne vers la plage huit dragueurs côtiers. A 1,5km du rivage, un violent barrage d’artillerie les encadre. Ils tentent de continuer mais son obligé de faire demi-tour, poursuivi par les obus.

Dès lors la situation ne se déloquera plus. De 12h20 à 12h30, des bombardiers lourds pilonnent la plage et à 13h10 le Support Group intervient à son tour, tirant notamment sur la batterie de Saint-Aygulf, qui n’a pas été réduite au silence. Peu de temps après, on tente en vain de déminer la plage en envoyant 12 chalands téléguidés chargés  d’explosifs. L’opération est échec. De plus, les LCT ( Rocket) des autres plages qui devaient venir renforcer le secteur sont retardés. Si bien que lorsque les premiers LCVP d’assaut s’approchent, elles sont prises sous un feu nourri. Dans ces conditions, le Beach Assault Commander rend compte à l’amiral Lewis qu’il serait judicieux de retarder l’heure H de trente minutes.

La présence de champs de mine dans le golfe de Fréjus et la possibilité d’occuper Saint-Raphaël plus tôt que prévu en raison de la progression satisfaisante des troupes à terre, conduise la Task Force 87 à suspendre à 14h14 l’assaut sur Red Beach. Le 143rd RCT débarquera à partir de 15h15 à Green Beach, où les opérations se déroulent sans à-coups, nous allons le voir. L’ordre est relayée à la radio et par mégaphone, puis la flottille d’une centaine de péniche fait demi-tour et se dirige vers le Dramont où le débarquement s’effectue rapidement.

Sur le Catoctin , Flagship de la force navale d’invasion de la Provence, c’est la surprise. L’amiral Hewitt et les généraux Patch et Truscott n’étant pas avertis voient avec étonnement la flottille stopper, puis faire route à l’est sans raison apparente. Un message donne un peu plus tard l’explication. Et au général Truscott venu au Dramont, Dahlquist apprend que les marins ont pris seul la décision car se trouvant à terre et son PC n’était pas encore complètement installé, il n’avait pu être joint.

Truscott est furieux car il comptait beaucoup sur la plage de Fréjus pour mettre à terre le Combat Command français et l’engager ensuite vers le nord. Il est environ 15h et à ce moment, les communications entre les Shore Fire Control Parties et les bâtiments d’appui indiquent que les troupes progressent et que plus aucune batterie ennemie dans la zone d’assaut n’est en mesure de tirer.

SAINT RAPHAEL ET FREJUS LIBÉRÉS :

A 17h40, alors que la situation est plus calme le commandant de la 36th envoie à la TF 87 le message suivant : « J’apprécie votre prompte changement de plan lorsque les obstacles ne pouvaient être brisés. J’espère prendre Red Beach cette nuit à n’importe quelle heure tardive. L’opposition est agaçante mais pas si forte jusqu’icii. »

Au 142nd RCT chargé d’occuper Fréjus, le 1er bataillon débarque à 15h32, emprunte la voie ferrée jusqu’à Agay puis oblique vers l’ouest, suivant le route de l’intérieur, précédé d’une section de quatre chars et flanc gardés des deux côtés par une compagnie. Derrière marchent les 2e et 3e bataillons. En chemin, deux groupes isolés sont neutralisés dans des résidences et, à la tombée de la nuit, les hauteurs vers le camp Gallieni, au nord-est de la ville, sont occupées en prévision de l’assaut pour décider pour le lendemain.

Le 16, le 1 et 3/142 sur l’axe de la RN7 passent une partie de la journée à réduire les résistances à hauteur du Camp Galliéni. Seul le 2/142 parvient à atteindre son objectif initial : les hauteurs du Camp Cais  et le camp lui-même. Puis au milieu de l’après-midi, toute résistance ayant cessé, le régiment se rassemble à l’ouest de Fréjus puis pousse vers Puget. Le 3/142 y rentre le premier et réduit une résistance anti-char au-delà du village. Puis le 17, une navette est organisée avec les véhicules disponibles et le régiment passant par le Muy, se rassemble à Trans-en-Provence sur la Blue Line.

De son côté, le 143rd RCT débarquant le 15 au Dramont dégagé par le 141st, attaque en direction de Saint-Raphaël : le 2/143 à gauche et le 3/143 à droite. Deux compagnies de ce dernier atteignent les hauteurs à l’est et se rapprochent de la ville. Un canon automoteur tire sur la compagnie de tête, mais il est rapidement détruit au bazooka. Les patrouilles envoyées en avant signalent des mouvements de troupes et des canons, sans doute des renforts envoyés sur le bord de mer pour bloquer le 2/143.

Le 16 dans la matinée, tandis que deux compagnies du 2/143 pénètrent dans Saint-Raphaël et neutralisent les tireurs isolés avec l’appui des TD, une autre compagnie occupe la colline à l’est et capture 260 Allemands. Quant au 1/143 qui a contourné la ville et au 3/143 qui le rejoint au carrefour au nord, ils nettoient Red Beach et la base aéronavale, capturant au passage plusieurs officiers et un important matériel. Puis le contact est établi sur l’Argens avec la 45th Division venue de l’ouest.


Le déroulé des opérations dans le secteur Camel




EPILOGUE :

Au soir du 17 aout, le bilan de Green Beach est éloquent : 18000 hommes, 2900 véhicules et 9400 tonnes débarqués, 800 blessées et 2800 prisonniers évacués. Il faut attendre cependant la journée du lendemain pour que la plage du Dramont soit entièrement déminée.
Quant à la 36th, elle s’apprête à entamer une course effrénée de 300km qui ne s’arrêtera que dans la Drome…



Le 22 aout, la 36th pénètre sans opposition dans Grenoble.



ANNEXE:

Composition des Regimental Combat Team pour le secteur Camel
- 141st RCT: 141 Inf Rgt, 131st FA Bn, Co. D 2nd Chemical Bn, 36th Cavalry Rvb Troop, Co. A 753rd Tank Bn, Co. B 636th TD Bn, Co. A 111th Engineer Bn et Co. A 111th Medical Bn

- 142nd RCT: 142 Inf Rgt, 132 FA Bn, Co. A 753rd Tank Bn, Co. B 636th TD Bn, Co. A 111th Engineer Bn et Co. A 111th Medical Bn

- 143rd RCT: 143rd Inf Rgt, 133rd FA Bn, Co A et C 2nd Chemical Bn, Co B 753rd Tank Bn, Co A 636th TD Bn, Co B 111th Engineer Bn et Co B 111th Medical Bn


SOURCES:
- Paul Gaujac, Août 44, Le Débarquement de Provence, ed. Histoire & Collection
- Paul Gaujac, "La 36th division américaine débarque en Provence 15-17 Aout 1944" in Militaria Magazine n.276, Septembre 2008
- Pour les photos le forum Sudwall ainsi que Simon, notre maître à tous.
avatar
Jean-Geek

Messages : 5
Date d'inscription : 29/05/2016

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum